






Gabriel LesterContrairement à bon nombre d’artistes contemporains qui prennent le cinéma comme point de départ de leur art, en remontant des films existants, Lester travaille de manière beaucoup plus formelle. Pour lui, le film n’est pas un matériel donné qui peut être manipulé, une partie privilégiée du spectacle quotidien. C’est surtout et avant tout une manière de voir et de se conformer à la réalité. (Aaron Schuster, More is Lester. On the cinematic in the work of Gabriel Lester)
Une presence évidente. Le jeu de l’imagination dans l’œuvre de Gabriel Lester Nathalie Zonnenberg A l’époque où j’entamai une conversation avec lui, à la fin d’une soirée dans un café d’Amsterdam, je n’avais pas encore fait mon chemin comme commissaire d’exposition. De son côté, Lester n’était pas encore un artiste à part entière mais ses idées et ses ambitions dans ce domaire étaient déjà très déterminées. Quelque temps plus tard, je fus agréablement surprise en voyant sa première oeuvre autonome, How to Act (2000), à l’Open Studio de la Rijksakademie d’Amsterdam. Depuis lors, j’ai vu plusieurs projets de Lester et me suis souvent étonnée de l’évidence avec laquelle son oeuvre est perçue. Il l’explique lui-même joliment : “mon intention est que la personne ressente mon oeuvre comme elle ressent la vie elle-même » . Il était fascinant de voir Lester, dons How to Act, donner du sens à l’espace au seul moyen de la lumière et du son. On est frappé par la liberté totale avec laquelle Lester joue de méthodes qui ne relèvent pas originellement du domaine des arts plastiques. Enfant, il assistait aux spectacles de mime de son père qui sont, selon lui, à la base de sa fascination pour la création d’espaces illusoires. Mais d’autres éléments, comme sa connaissance du cinéma classique et de la musique de film y ont également contribué. Il est aujourd’hui impossible de penser les arts plastiques sans tenir compte de l’effacement des frontières qui séparaient les différents médias. L’œuvre de Lester frappe surtout par son approche décontractée, presque frivole de ce phénomène. Quelque soit le contexte offert à Lester pour une présentation de son œuvre, il l’aborde avec curiosité et surtout beaucoup d’enthousiasme, sans s’encombrer de théories artistiques préétablies. C’est précisément cet enthousiasme qui lui permet à chaque fois de conquérir le spectacteur sans effort apparent. A l’exception de quelques rares performances et d’un film où il figure, la majeure partie de son œuvre se distingue par une apporche presque formelle. Avant d’arranger ou de transformer un espace donné, Lester commence toujours par l’indexer très minutieusement. Il commente : « quand je suis invité à construire une œuvre in situ, j’examine d’abord l’espace d’exposition. J’essaie d’évaluer comment on y bouge, quelle relation on établit avec lui. Avant de me lancer dans la conception d’une œuvre, je tente de déchiffrer la situation comme une histoire, quelque chose qui a un début et une fin. Je veux créer des œuvres qui soient vécues comme un événement auquel on se trouve mêlé – plutôt que comme une « image » que l’on regarde ». Un remarquable exemple de ses débuts est l’exposition A Haunted House of Art (2002), créée dans l’espace du projet d’artistes d’Amsterdam Outline. Cette exposition ne présentait pas ses propres œuvres, mais celles d’autres artistes que Lester avait choisies et réunies dans une présentation de son cru. L’ambiance de cette présentation, bien loin de celle d’une exposition d’art contemporain, évoquait une spectaculaire après-midi au théâtre ou dans un parc d’attractions. En même temps, il faisait naître un contexte où le contact avec l’art contemporain devenait tout à coup parfaitement évident.
A côté des principes formels qu’il invente pour son œuvre – dont un bel exemple est la minimaliste Cut to the chase créé en 2002 pour le Gemeentemuseum à La Haye – il laisse toujours la place à des addictions imprévues qui contribuent à donner une âme à son œuvre. Il compare volontiers sa méthode de travail à une improvisation musicale, qui part de la structure fixe, presque pragmatique d’un rythme ou d’une mélodie. Biographie de Gabriel Lester Expositions individuelles 2007
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