






Sarah Vanagt« Est-ce que le monde imaginaire d’un enfant peut ouvrir une porte secrète vers le passé? Cette question est le point de départ de l’exploration ‘l’imaginaire historique’ enfantin par Sarah Vanagt. Comment est-ce que les enfants gèrent le passé, ou plutôt de quelle manière est-ce qu’ils donnent forme au passé dans leurs imaginaire ? »
De l’autre côté du réel. L’oeuvre cinématographique de Sarah Vanagt Dans la perspective de l’histoire de l’art, il est d’ailleurs frappant que les oeuvres les plus importantes soient celles qui reflètent une situation politique turbulente – que l’on songe aux chefs-d’oeuvre absolus de Géricault, Manet et Picasso. Les artistes osaient « nommer » la cruauté du monde par le biais de la métaphore ou d’une déconstruction, d’une désarticulation de l’image à laquelle ils faisaient référence de façon détournée. Le travail de Sarah Vanagt se situe dans le prolongement de cet artengagé. Elle part d’un profond questionnement sur le cours des choses, au sein de l’histoire où se « fait » le monde. Son oeuvre est une sorte de forum ouvert, où l’on peut réfléchir à un monde bloqué par la violence, l’injustice, la pauvreté, le traumatisme, l’émigration, le colonialisme, les cauchemars et enfin l’utopie d’une société idéale. Historienne de formation, l’artiste se penche sur la réalité coloniale et trouve, en travaillant avec des enfants, un moyen détourné d’analyser une société disjointe. Dans son premier film, Little Figures (2001–2003), oeuvre déjà forte, trois enfants de réfugiés et d’immigrés racontent leur histoire, au travers des statues du roi Albert, de la reine Elisabeth et de Godefroid de Bouillon à Bruxelles. Dans ses premières oeuvres, Sarah Vanagt se base sur des scénarios de hasard –captant les moments où des enfants, pris par leur imagination, expriment librement leurs pensées sans devoir tenir compte de la teneur politique inhérente à leurs visions. C’est « ici » que Sarah Vanagt cherche à établir un contact étroit, qu’elle trouve dans le « là-bas » de l’autre. L’Histoire implique une interprétation, une subjectivité supposée, observée du point de vue des parties intéressées. Servante de l’idéologie, elle est le lieu où se justifient et se légitiment les nations. Sarah Vanagt met en question, par son travail avec les enfants, les notions de nation et d’identité. C’est d’ailleurs fait de manière impressionnante dans son installation vidéo Les Mouchoirs de Kabila (2005) et dans le bref documentaire First Elections (la version filmée des Mouchoirs de Kabila). Dans la candeur sans ambages et la créativité des enfants congolais, l’histoire du pays devient un récit tragique. Les dernières oeuvres de Sarah Vanagt, Ash Tree et surtout Hoofd s’écartent de la problématique africaine, mais expriment toujours sa fascination pour une oeuvre où l’image de la réalité se construit de l’intérieur, à travers les enfants. La vidéo que Sarah Vanagt produit pour La Jeune Peinture Belge est une oeuvre qui s’inspire anachroniquement d’images exemplaires entre aujourd’hui et un lointain passé culturel. Hoofd est une installation de photos de nouveau-nés dont on fait la première toilette. L’étonnement absolu des bébés se révèle dans leurs yeux, miroirs de l’âme. Vanagt projette les images de ces petites têtes sur une pierre. Dans le prolongement sont projetées en noir et blanc d’autres images intimistes des ruines de Pompéi, prises sous le soleil oblique du mois de décembre. Comme un éclair, des images récurrentes de têtes de bébés surgissent sur les pierres des rues séculaires de la mythique Pompéi. Cette saisissante installation, Hoofd, dans laquelle Sarah Vanagt introduit une fois de plus des enfants – même si elle ne les fait pas jouer –, est accompagnée d’un montage sonore minimaliste où un bruit de trottinement évoque subtilement les chiens errant entre les pierres historiques de Pompéi. À travers cette jeune carrière, Sarah Vanagt élabore un art qui, ancré dans la dure réalité, est éclairé par l’espoir et la perspective d’un jour lumineux, grâce à l’enfant qui regarde droit dans les yeux l’avenir de toute société. Graduellement, Sarah Vanagt s’est intéressée à des sujets plus autonomes, l’enfant en restant central, mais dont le contenu crée un rapport poétique et exemplaire avec des thèmes qui représentent la vie et la communauté humaine elle-même dans son être, sa durée et son devenir. Biographie Sarah Vanagt 1976, Brugge Expositions individuelles 2007
2006
2005
2006 - Moi, L'Éléphant, Power Plays, Platform Beeldende Kunst Limburg, Hasselt Représentations 2007
2006
2005
2004
Year: 2007 « Back |